RÉGION AFRICAINE: DÉVELOPPEMENTS
ÉCONOMIQUES RÉCENTS ET POTENTIEL
POUR AMÉLIORER LES RELATIONS
COMMERCIALES AVEC L'INDE

Au cours des dernières années, étayée par la vitesse de croissance économique mondiale et la demande soutenue pour le gaz et le pétrole, ainsi que pour d'autres produits des industries d'extraction comme les minéraux et les métaux, la région africaine a été témoin d'une augmentation soutenue d'activités économiques. Un progrès considérable a été accompli par une meilleure gestion macroéconomique et un progrès structurel suivi dans beaucoup de pays, ce qui a résulté des forts engagements pris par beaucoup de gouvernements africains envers des politiques prudentes en matière fiscale, monétaire et des taux d'échange. Selon le FMI, le PIB réel de l'Afrique a enregistré une hausse de 5,7 % au cours de l'an 2007, en hausse de 5,6 % enregistrée au cours de l'année précédente, l'augmentation la plus grande en presque une décennie. Les raisons sous-jacentes pour la reprise de croissance sont la force de l'économie mondiale, y compris les prix élevés de pétrole et de marchandises, une meilleure stabilité macroéconomique et le progrès accompagné de réformes structurelles. Au cours de l'an 2008, la croissance réelle de PIB de la région africaine est estimée se situer à un pourcentage plus élevé, notamment
à 5,8 %.

Les développements propres aux pays ont aussi promu un développement global dans la région. Ces développements positifs comprennent de nouvelles installations de production en Angola et en Guinée Équatoriale, la croissance dans le PIB non-pétrolier au Nigeria et une reprise dans la production agricole en Éthiopie et au Rwanda. De plus, les réformes structurelles ont aussi contribué à la résilience de la région, donnant ainsi lieu à une inflation modérée dans beaucoup de pays dans la région.
Alors que la croissance a été élastique, l'Afrique continue à faire face à une large gamme de défis liés au développement, y compris les facteurs qui sapent la stabilité macroéconomique et le potentiel de croissance à long terme; les conditions météorologiques hostiles et les catastrophes naturelles qui provoquent une haute volatilité de rendement; l'infrastructure et les conditions de santé qui freinent l'augmentation de productivité. Comme souligné dans le Nouveau Partenariat pour le Développement de l'Afrique (NEPAD), une stratégie à multiples facettes est requise pour aborder ces questions, y compris les politiques visées à réduire les conflits et à améliorer la gouvernance politique; la promotion de la concurrence, le commerce et l'investissement étranger, le tout étayé par les mesures pour renforcer les cadres de politiques macroéconomiques; et une focalisation des politiques sur le développement des secteurs relevant de soins médicaux, d'éducation, d'infrastructure et d'agriculture favorables aux pauvres. Le stimulus à la croissance suivie émanerait de l'approfondissement des réformes, la transformation structurelle, la reconstruction des capacités institutionnelles et les politiques macroéconomiques à la fois judicieuses et gérées de manière efficace.

TENDANCES DANS LE COMMERCE INDO-AFRICAIN

La synergie qui existe entre l'Inde et l'Afrique peut être mesurée des tendances récentes dans les relations commerciales Indo-africaines, où l'on voit que le commerce bilatéral a accru jusqu'à US$ 25,0 milliards en 2006-07 par rapport à US$ 967 millions en 1990-91, dû à la fois à l'augmentation des exportations vers la région africaine et à celle des importations en provenance de la région africaine (Tableau 1). Les exportations de l'Inde vers l'Afrique ont atteint US$ 10,3 milliards en 2006-07 par rapport à des chiffres relativement bas de US$ 394 millions en 1990-91. Par conséquent, la part de l'Afrique dans les exportations totales de l'Inde a augmenté d'un 2,2 % négligeable en 1990-91 à un pourcentage sain s'élevant à 8,2 % en 2006-07. Une augmentation concomitante dans les importations de l'Afrique pendant cette même période témoigne de relations commerciales bilatérales accrues, où les importations de l'Inde de l'Afrique ont augmenté de US$ 573 millions en 1990-91 à US$ 14,7 milliards en 2006-07, avec une part résultante de 7,7% dans les importations totales de l'Inde, en hausse par rapport à une part de 2,4% en 1990-91.

2002-03 2003-04 2004-05 2005-06 US$ mn
2006-07*
Exportations 3137.9 3861.7 5578.4 7013.6 10255.7
Importations 3444.4 3202.1 4006.4 4878.8 14722.8
Commerce Total 6582.3 7063.8 9584.8 11892.4 24978.5
Balance
Commerciale -306.4 659.6 1572.0 2134.7 -4467.1

En ce qui concerne les partenaires commerciaux importants dans la région africaine, l'Afrique du Sud reste la principale destination pour les exportations de l'Inde au cours de l'an 2006-07, représentant 22 % des exportations totales vers l'Afrique. D'autres destinations importantes d'exportation comprennent le Kenya (12,8 % des exportations totales en Afrique), le Nigeria (8,8 %), l'Île Maurice (7,2 %), le Ghana (4,5 %), le Soudan (3,9 %), l'Algérie (3,3 %), Djibouti (3,0 %) et la Tanzanie (2,9 %).

En ce qui concerne les importations de l'Inde depuis l'Afrique, le Nigeria domine avec une part significative de 47,6 % des importations totales de l'Inde de l'Afrique au cours de l'an 2006-07. L'Afrique du Sud est la deuxième source la plus grande d'importation avec une part de 16,7 %, suivie par l'Egypte (11,8 %), l'Algérie (5,1 %) et le Maroc (3,3 %) durant 2006-07.

La région africaine est une source importante pour les importations de l'Inde de plusieurs articles. Le Nigeria est la deuxième source la plus grande, après l'Arabie Saoudite, pour les importations de l'Inde de pétrole brut, représentant 12,2 % (US$ 6,9 milliards) des importations globales de l'Inde (US$ 57,04 milliards) durant 2006-07. L'Afrique du Sud est la quatrième source la plus grande, après la Suisse, l'Australie et l'UAE pour les importations d'or de l'Inde. Le Maroc, le Sénégal et l'Afrique du Sud des sources principales pour les importations globales de l'Inde de produits chimiques inorganiques.

CONCLAVE DE PARTENARIAT AUX PROJETS INDE-AFRIQUE 2008 & SOMMET INDE-AFRIQUE 2008

La Conclave de Partenariat aux Projets Inde-Afrique, lancée en mars 2005, par la Confédération de l'Industrie indienne (CII) et la Export-Import Bank of India, en partenariat avec le Ministère de Commerce et d'Industrie, Gouvernement de l'Inde et le Ministère des Affaires Étrangères, Gouvernement de l'Inde, a obtenu de la crédibilité en tant que plate-forme d'affaires entre l'Inde et les pays en Afrique et a créé des points de référence pour l'engagement de l'Industrie et des Gouvernements de l'Inde et de la région africaine. La Conclave a créé également une plate-forme pour les renseignements, le dialogue et une meilleure entente pour propager et bâtir des relations économiques durables à long terme, ce qui a à son tour contribué à l'augmentation dans le dialogue du secteur privé entre l'inde et l'Afrique.

Misant sur les réalisations des Conclaves précédentes, la Conclave de Partenariat aux Projets Inde-Afrique 2008 se concentrerait, parmi d'autres, sur la catalyse de la participation indienne en tant que partenaire clé dans les processus du développement de l'Afrique. Dans le scénario actuel, il y a une acceptation accrue par les pays en Afrique de la participation des cabinets de conseil technique et l'industrie de fabrication indiens d'une manière importante dans leurs activités de développement. Ceci se complète par le fait que le Gouvernement de l'Inde fait lui aussi des efforts concertés pour massivement diriger ses programmes de coopération au développement à destination de l'Afrique. À la lumière de ce qui précède, la Conclave propose de compléter les efforts du Gouvernement de l'Inde en vue de s'assurer que la position pertinente de l'industrie ressortira au profit du dialogue au niveau du Sommet, tout en servant de précurseur au premier Sommet Inde-Afrique prévu de se tenir en Inde en avril 2008. Le Sommet Inde-Afrique 2008 va redéfinir les relations de l'Inde avec le continent africain en améliorant l'engagement, notamment dans le domaine économique, et se focalisera sur l'amélioration du rôle de l'Inde en tant que partenaire clé en matière de développement des capacités et d'autonomisation vis-à-vis de l'Afrique.

AMÉLIORER LES RELATIONS COMMERCIALES: QUELQUES OBSERVATIONS

La croissance continue constatée dans beaucoup de pays africains au cours des dernières années est essentiellement due à la hausse suivie des prix globaux de pétrole et d'articles primaires non-pétroliers, dont un grand nombre de pays africains sont relativement bien dotés. Alors que de telles aubaines des ressources minérales non-renouvelables ont servi pour promouvoir le développement économique à court terme en Afrique, ce qui s'impose impérativement pour les pays africains, c'est garantir que de telles aubaines seront réinvesties de façon profitable dans les secteurs qui auraient un impact de croissance à long terme sur l'économie. À ce propos, l'Inde, grâce à son expérience étendue dans le développement d'entreprenariat et la valorisation des capacités et la technologie qui seraient pertinents et applicables dans les pays africains, pourrait faire équipe avec les pays en Afrique dans le cadre de leur processus de croissance.
En vue d'améliorer davantage les flux d'affaires et d'investissements bilatéraux, quelques-unes des mesures et des tentatives pour améliorer les relations commerciales bilatérales entre l'Inde et les pays en Afrique pourraient comprendre une démarche intégrée, parmi d'autres:

• des investissements stratégiques et des liens par les compagnies indiennes avec les agences et partenaires homologues en Afrique;
• une coopération accrue pour contribuer au développement des ressources naturelles et minérales, grâce aux dispositions bilatérales telles que les accords de rachat, en vue de réaliser le développement durable, la valeur ajoutée et la génération d'emplois;
• amélioration des liens avec les banques et les institutions financières en Afrique en vue d'encourager les flux bilatéraux d'affaires et d'investissements;
• élargissement des liens avec les institutions de promotion des affaires dans la région en vue d'améliorer les flux d'affaires bilatéraux;
• renforcement des liens avec les agences de promotion des investissements en Afrique en vue d'améliorer la participation indienne dans les secteurs d'investissement potentiels;
• une coopération accrue dans le développement du secteur agricole dans la région africaine en vue d'encourager le développement durable et équitable;
• contribution envers le développement d'entreprenariat et de capacités humaines en Afrique, notamment dans les secteurs des PME et ceux liés à l'agriculture;
• Mise en place des mécanismes institutionnels et des systèmes de soutien en vue de faciliter les activités liées aux affaires et aux investissements de l'Afrique vers l'Inde.
De telles tentatives pourraient être complétées par les mesures telles que : focalisation sur le développement des TI; davantage de participation aux projets multilatéraux financés; développement institutionnel; établissement des moyeux régionaux d'affaires conformément aux dispositions régionales d'affaires en Afrique; coopération avec les chambres de commerce et d'industrie dans la région.

Conclusion

Pour l'Inde, étant donné que les pays dans la région africaine émergeant en tant que partenaires commerciaux et d'investissement importants et étant donné le besoin des pays africains en matière de partenaires stratégiques dans leurs tentatives de développement et de croissance, le partage d'expériences dans les domaines de développement des capacités, des investissements et de la coopération dans les secteurs incitant la croissance en Afrique pourrait s'avérer stratégique en vue d'encourager et d'améliorer les relations commerciales à long terme ainsi que sa présence dans la région africaine.